Projections tous publics


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Sarlande - Cinéma en plein air

Mercredi 20 à 21 h: Histoire d'Adrien,
Jean-Pierre Denis (projection organisée par Ciné-Passion)
Saint-Yrieix-la-Perche - Cinéma Arévi

Mardi 19 à 21 h : Histoire d'Adrien, Jean-Pierre Denis

Mercredi 20 à 21 h : Princesse Mononoké, 135', Hayao Miyasaki

Jeudi 21 à 20 h 30 : Le songe de la lumière, 114', Victor Erice

Vendredi 22 à 21 h : Charisma, 103', Kiyoshi Kurosawa

Samedi 23 à 21 h : Le vent nous emportera, 118', Abbas Kiarostami

Princesse Mononoké
Hayao Miyasaki
Japon - 1997 - 2h13 - couleur

Succès phénoménal au Japon, Princesse Mononoké, épopée à la fois historique et mythique, est une allégorie sur les conflits qui opposent les forces de la civilisation à celles de la nature. Dans un cadre médiéval japonais, le film raconte la guerre folle que livre l'être humain à son environnement, au risque de se détruire. Mais Miyasaki ne s'appuie sur l'opposition entre le bien et le mal que pour rejeter tout manichéisme. Dans les confrontations où s'opposent les points de vue entre les animaux-dieux qui veulent préserver la forêt et la communauté des forgerons décidés à en exploiter les ressources, chacun a ses raisons, toutes défendables. Cette soumission à un ensemble de principes philosophiques, caractéristique d'un certain cinéma japonais, est magnifiquement intégrée par une mise en scène qui a su adopter et adapter tout le vocabulaire du cinéma. Porté par une exigence artistique extrême, le film fut en lui-même un défi titanesque relevé avec l'énergie du désespoir par Miyasaki.

« Je n'étais pas satisfait de l'image que donnaient les studios Ghibli* de l'homme face à son environnement. En particulier la manière douce, idyllique dont nous avons montré le rapport à la nature. Je pense que dans la relation entre l'homme et la nature, il y a un aspect terrible, quelque chose de beaucoup plus vaste... ». Hayao Miyazaki
* Studios créés par Miyazaki où il a tourné sept longs métrages.

Au Japon, à l'époque médiévale, Ashitaka, jeune prince au coeur pur part à la recherche du dieu-cerf. Celui-ci pourra le guérir du mal qui le ronge depuis qu'il a défendu son village contre un sanglier géant rendu fou par une divinité néfaste. Ashitaka sera confronté à l'éternelle lutte entre l'homme et la nature. Chaque antagoniste est représenté par une femme, d'un côté, Lady Eboshi, chef de la forge du clan des Tatara, et de l'autre, San, Mowgli féminin, qu'on appelle « la princesse des spectres », en japonais mononoke. Ici, pas de manichéisme écolo comme on pourrait le craindre. [...] San peut se révéler violente, sans pitié pour ses ennemis. Quant à Eboshi, tout en menaçant la forêt, elle recueille des femmes que la société condamnait à la prostitution. La fin justifiant les moyens, de tous côtés, c'est l'escalade de la destruction. Cette histoire en évoque d'autres. D'ailleurs, la catastrophe finale rappelle immanquablement des images d'explosion nucléaire. Personnages complexes, rythme équilibré, morale pertinente, ne sont pas les seules qualités de Princesse Mononoké. [...] On ne louera pas assez la précision, la beauté et l'énergie de l'animation. Cependant la technique ne prend jamais le devant de l'écran, même lorsque les effets numériques entrent en scène. Là aussi, on est loin d'un autre univers du dessin animé, celui des exploits sans âme des studios Disney. Idem pour la recherche historique à laquelle s'est livré Miyazaki. On sera surpris d'apprendre que le clan Tatara et sa forge ont réellement existé durant l'ère Muromachi (1333-1568) et qu'une majorité de détails, de costumes sont authentiques. [...] C'est un événement dans l'histoire du cinéma. Laurent Mélikian

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Charisma
Kioyoshi Kurosawa
Japon - 1999 - 1h43 - couleur

Le titre du film désigne un arbre imaginaire, spécimen unique qui pousse au milieu d'une forêt qui périclite. Polarisés par cet arbre mystérieux, plusieurs personnages tournent autour de Charisma, certains pour le détruire, l'accusant de tuer les autres arbres, d'autres pour le protéger, d'autres encore pour l'étudier... Le héros du film, un brillant inspecteur de police est dépêché sur les lieux d'une prise d'otages qui vire à l'hécatombe. Il est mis à pied par sa hiérarchie pour n'avoir pas su empêché le massacre. Il ne comprend plus le monde chaotique et violent où il vit, en fait le Japon contemporain, et s'exile dans la forêt, au sein d'une communauté d'hommes " à l'état de nature ", où il n'y a plus de lois, plus de police... Mais le problème de " l'arbre contre la forêt ", à peine posé, prolifère en interrogations sur les rapports entre nature et culture pour culminer avec la magnifique apparition d'un deuxième arbre...

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Fad'Jal
Safi Faye
France - 1999 - 1h48 - couleur16mm.

Trois mois et trois jours de la vie à Fad'Jal une communauté villageoise. Un ancien raconte l'histoire du village aux enfants réunis autour d'un arbre géant. En articulant des images documentaires autour de sa parole, le film rend hommage à la mémoire des aînés en célébrant la tradition orale. Quand " grand-père raconte ", ce sont les scènes de campagne sahéliennes qui s'animent, magnifiquement filmées par Safi Faye qui laisse filer les gestes pour mieux les honorer. Et à Fad'Jal, c'est souvent l'arbre qui rend possible la communication avec les puissances autres, facilite l'évocation du passé.

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L'arbre aux sabots
Ermanno Olmi
Italie - 1978 - 3h10 - couleur

Classique du cinéma italien, le film d'Olmi est une patiente chronique de la vie paysanne : les trois saisons et les soins de tous les jours nécessaires à un vieux métayer, pour que ses tomates vendues quelques jours plutôt que les autres lui rapportent quelques sous de plus. Brutale expulsion ensuite par le propriétaire du terrain, pour un arbre coupé, d'une famille dont le plus jeune fils, pourtant très doué, n'ira plus à l'école. Tout cela est magnifiquement et minutieusement décrit par Olmi et vécu, plutôt que joué, par des paysans bergamasques d'aujourd'hui. Ceux-ci réinventent en effet avec Olmi une histoire qui s'est passée à la fin du 19ème siècle. Accordée au rythme agraire des saisons qui découpent le film, une extraordinaire sérénité de ton confère force et beauté aux images, sans décoller du quotidien.

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Le songe de la lumière
Victor Erice
Espagne - 1992 - 1h54 - couleur

Récemment élu meilleur film des années 1990 par les cinémathèques, le film de Victor Erice raconte l'histoire d'un peintre, Antonio Lopez, qui tente de saisir la réalité d'un cognassier, qu'il a lui-même planté dans la cour intérieure de sa maison, à travers chaque instant de sa croissance. Chaque année, à l'arrivée de l'automne, il revient à son tableau pour peindre ce qu'il n'a encore jamais réussi jusqu'alors : représenter la lumière du soleil filtrant entre les feuilles de l'arbre, tâche particulièrement ardue, voire impossible, dans la mesure où ce qui caractérise le style de sa peinture est une grande exactitude... Mille ébauches se succèdent jusqu'au dépérissement des fruits. Cette métaphore inachevable dit bien le rapport de l'homme au temps et à la mort...

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Histoire d'Adrien
Jean-Pierre Denis
France - 1980 - 95 min - couleur

Au début de ce siècle, Adrien, enfant illégitime, est recueilli par sa grand-mère. Lorsqu'elle meurt, il quitte sa famille pour aller travailler chez un meunier. C'est la guerre. Après l'armistice, il devient cheminot et participe aux grèves de 1920. Licencié, il aime Marguerite, mais le père de celle-ci refuse une union avec un « bâtard ». Adrien, seul, n'a plus qu'à s'en aller au fond des bois. Cette œuvre régionaliste a la particularité d'être parlée en occitan et d'être sous-titrée en français. A travers l'histoire d'Adrien, c'est celle des paysans du Périgord, avec leurs misères et leurs difficultés, que Jean-Pierre Denis a voulu conter. Il le fait avec simplicité et naturel. C'est sans doute pourquoi son film laisse une telle impression de vérité. C.B.M.

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Au travers des oliviers
(Iran/France--Couleur) (Abbas Kiarostami)
Sélection officielle - Cannes 1994

« L'arbre et la vie de l'homme sont liés de façon inséparable... Pour reprendre la comparaison de Ibn Arabi, je peux avouer qu'un arbre me manque plus que ma sœur. Je peux vivre sans ma sœur, mais jamais sans un arbre ! Je ne parle pas des profits qu'il peut m'apporter. J'aime l'arbre pour lui-même, sans penser à l'oxygène ou aux fruits qu'il me procure. »
Abbas Kiarostami

« Il est difficile de trouver les mots justes pour parler des films de Kiarostami. Il suffit d'aller les voir pour comprendre qu'ils sont tout simplement merveilleux. Quand Satyajit Ray est mort, j'étais très triste. Et puis j'ai vu les films de Kiarostami, et j'ai pensé que Dieu avait envoyé celui qu'il fallait pour le remplacer et j'ai remercié Dieu. Je me demande pourquoi les films des pays qui ont une longue histoire cinématographique me semblent moins bons aujourd'hui, alors que ceux des pays qui ont une culture cinéma plus récente sont formidables. C'est une question que je me pose surtout lorsque je vois les films d'Abbas Kiarostami. »
Akira Kurosawa

Un camion peine sur des chemins difficiles, traverse champs et villages, et s'arrête devant une petite maison. L'assistante du metteur en scène du film 'Et la vie continue', tourné dans le nord de l'Iran, dans une région dévastée par le tremblement de terre, effecture le ramassage de certains habitants des villages, devenus les acteurs de ce film. Les enfants s'intallent en silence, spectateurs actifs. La caméra se met en marche. Farkhondé et Hossein, jeunes époux dans le scénario, doivent jouer une petite scène mais Farkhondé reste muette et Hossein ne parvient pas à articuler en entier la phrase qu'il doit dire. C'est que Hossein est très amoureux de Farkhondé, qu'il désire épouser. Les parents de Farkhondé ont refusé le mariage car Hossein ne possède pas sa propre maison. Le tremblement de terre n'a laissé aucune mainson intacte, les parents de la jeune fille sont morts. Au travers des oliviers, Hossein renouvelle sa demande en mariage auprès de la grand-mère de Farkhondé qui s'y oppose également. Obstiné et naïf, il construit, en rêve, une belle vie heureuse pour eux deux. Maintenant que le tremblement de terre a détruit les maisons du village, ne sont-ils pas tous à égalité ? Au travers des oliviers, il essaiera d'obtenir un mot de Farkhondé et la poursuivra jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans les champs, jusqu'à ce qu'il obtienne une réponse, sous l'œil bienveillant du metteur en scène.

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L'arbre aux cerises
Marc Recha
Catalogne - 1h34 - Couleur

« Découvrir la vallée de la Gallinera, au sud de Valence, a été pour moi un véritable choc. Cela correspondait aussi à une nécessité et à une aspiration de vivre autrement. [...] J'ai beaucoup marché. J'ai observé, écouté, surtout les différents vents qui ont tous des sonorités particulières dans cette vallée, très reconnaissables. J'ai écrit un texte d'une centaine de pages qui décrivait l'univers de la vallée - les lieux, le climat, la végétation, le son. [...] Pour raconter l'histoire de la vallée et de la vie des treize personnages, j'ai choisi la fragmentation. Humainement, je voulais uniquement retenir ces choses très simples qui nous émeuvent souvent le plus profondément et dont nous sommes les plus proches. [...] et beaucoup de ces choses sont dans les pensées de l'enfant, Angèl, qui nous montre tel qu'il le voit, avec sa propre interprétation de l'eau « qui sait tout », des rochers qui sont « des hommes qui nous regardent et qui ne s'arrêtent jamais de nous regarder. Le paysage - le relief, les arbres, les ruisseaux, le vent, la pluie et tous les sons - devient le personnage principal. »
Marc Recha

Tout en finesse et en suggestion, le deuxième film de ce jeune réalisateur catalan appelle le spectateur à remplir les espaces vides et met en branle chez lui une double activité de la méditation et de la contemplation. On pourrait résumer le sujet comme la chronique d'un petit village au sud de Valence où des histoires simples de la vie s'entremêlent. Exposées comme des morceaux d'une mosaïque, les différentes intrigues disparaissent en progressant et ouvrent sans cesse le champ au véritable sujet du film : l'espace, le temps et la mémoire qui les réunit en chacun de nous. Recha est photographe, ses cadres, peu à peu, sans les évacuer, relativisent la présence des protagonistes et leurs dilemmes rapetissent devant l'espace quasi immuable de ce superbe village - opposé par fines touches à l'espace urbain. Les paysages qui l'entourent deviennent peu à peu les véritables personnages et les sons de la nature des dialogues. [...] C'est un film envoûtant comme l'inaction - « les malades ici sont tous en bonne santé », dira le docteur Marti à son successeur - et serein comme la vie d'un arbre fruitier, symbole de la vie humaine, éphémère comme lui. Avec poésie et simplicité, il ramène l'agitation humaine - pourtant limitée à son expression la plus sobre : partir, mourir, aimer, trahir, voler, pardonner -, avec ses grandeurs et ses mesquineries, à leur juste place dans le merveilleux de la vie. Une invitation à ouvrir les yeux. Luc Bongrand

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Nontron - Cinéma Louis Delluc

Mardi 19 à 21 h : Charisma, Kiyoshi Kurosawa

Mercredi 20 à 21 h : L'arbre aux cerises, Marc Recha
En présence de l'auteur (sous réserves)

Jeudi 21 à 21 h : Au travers des Oliviers, Abbas Kiarostami

Vendredi 22 à 20 h : L'arbre aux sabots, Ermanno Olmi
Débat animé par Christian Dupuyer, Maitre de conférences a l'université de Paris III

Samedi 23 à 21h : Princesse Mononoké, Hayao Miyasaki